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 Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]

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Mercy Harquin

❙ r a c e : Humaine
MessageSujet: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Mer 29 Fév - 23:59


    Les élections approchaient. C’était la seule explication possible. La seule raison pour laquelle ce gros porc bouffeur de donut souhaitait des résultats. Et aussi parce qu’une fille de bonne famille avait été retrouvée morte le matin même. Mais là, Mercy ne savait pas si c’était Freddy qui avait fait ça. Le mode opératoire n’était pas le même. Une chose était sûre. Le tueur n’était pas humain. Le corps avait déchiqueté avec force. Avec tellement de sauvagerie que certains flics en avaient gerbés leur petit-déjeuner. C’était la raison pour laquelle Mercy ne mangeait pas avant de faire ce genre de chose. La chasse vous amenait à voir des trucs qu’on ne peut imaginer que dans les pires navets cinématographiques.
    Humphrey les regardait, Hayden et elle, tapotant nerveusement sur son siège.

    • Alors ? Pourquoi n’avons-nous pas mis la main sur ce tueur ?


    Mercy dut se mordre la langue pour ne pas répliquer quelque chose d’acide. Cela risquait de ne pas la mettre dans les bonnes grâces d’Humphrey. Et elle avait besoin de ce poste pour résoudre les meurtres surnaturels de cette foutue ville.
    Parce que tu ne veux rien savoir tant que ça touche pas la haute société, gros porc pensa amèrement la jolie rouquine. Parce que t’en as rien à faire que des citoyens de classe moyenne se fassent tuer !

    • Disons que le tueur ne laisse pas beaucoup de trace. Nous n’avons que quelques preuves… Et elles ne donnent rien de concret.


    Et que si t’avais vraiment voulu que ces meurtres soient résolus, t’aurais bougé ton derrière.
    Mercy jeta un regard en coin à Hayden. Heureusement qu’il remontait le niveau. Sans lui, cette ville serait un véritable chaos.
    La jeune femme joua la carte de la jeune femme soumise qui baissait la tête en sentant gronder l’orage alors qu’elle mourrait d’envie de dire ses quatre vérités à Humphrey.
    Mercy avait son franc-parler bien à elle. Passer la brosser à reliure aux gens sous prétexte qu’ils étaient plus puissants que vous ? Pas pour elle. Oh que non. Elle n’avait jamais été du genre à s’écraser devant plus fort qu’elle, et ce n’était certainement pas avec ce gros lard que cela allait commencer.
    Ces derniers temps, les meurtres avaient gagnés en intensité. Krueger était encore dans la nature et maintenant qu’il savait qu’elle était sur ses traces, il se faisait un malin plaisir de la narguer. Heureusement, les effets de l’attrape-rêve l’empêchaient de pénétrer dans ses songes. Alors il trouvait un autre moyen de se venger. A son attention. Et à celle de Lazar.
    Le pire… C’était qu’il n’y avait pas que lui.
    D’autres s’y étaient mis. A ce train-là, ils allaient retrouver un cadavre chaque matin. La plupart des victimes étaient des passants qui s’arrêtaient à Ghost Island pour faire une pause et repartir. Ou alors les campeurs qui s’arrêtaient dans les bois pour profiter des charmes de la nature.
    Cette ville grouillait d’une activité surnaturelle. Et Mercy ne savait qu’en penser.
    Ce qui lui pendait au nez, c’était qu’elle allait devoir demander l’aide d’Alderin pour l’aider à trouver ce maudit tueur et à le mettre hors d’état de nuire. Pourquoi ? Parce qu’il était temps que cela cesse. Et ce n’était pas parce que Humphrey le demandait. Non, lui, tout ce qui comptait, c’était les élections, et donc que les gens voient que le shérif se faisait du soucis pour ses braves concitoyens. En vérité, Mercy le savait, c’était Hayden qui faisait tout le boulot à sa place. Et c’était lui qui méritait le poste de shérif.

    • Les élections vont bientôt avoir lieu, je veux des résultats. Nous devons mettre la main sur ce malade et le stopper avant qu’il ne s’en prenne à d’autres.


    • A la haute société de Ghost Island, vous voulez dire ? A ceux qui ont les moyens de se protéger ? Que faîtes-vous des autres ?


    Ces mots lui avaient échappés et Mercy s’était penché sur le bureau d’Humphrey, posant les mains à plat sur la surface du bois. Hayden allait devoir sauver le navire car Mercy risquait fortement de déraper et de dire bien plus que ce qu’elle ne pensait à Humphrey.



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They say we are what we are, but we don't have to be. I'm bad behaviour but I do it in the best way. I'll be the watcher of the eternal flame. I'll try to picture me without you but I can't. 'Cause we could be immortals just not for long. And live with me forever now. Pull the blackout curtains down.


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MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Jeu 1 Mar - 21:57

    6 : 00


    Il faut se réveiller. Hayden, assoupi sur le bureau de sa chambre, releva la tête aussitôt et se redressa. Il s'étira et bailla un bon coup. Il s'était une nouvelle fois endormi sur des dossiers qu'il avait ramené du boulot. Malgré le café, le sommeil l'avait finalement terrassé vers les deux heures du matin. Ses recherches n'avaient encore une fois abouti à rien. Il était déçu mais ne comptait nullement baisser les bras, ce n'était pas dans sa nature à point c'est tout. Dans une heure, l'infirmière arriverait pour sa mère. Dans deux heures, il serait déjà au boulot à supporter les remarques de Humphrey qui se faisait de plus en plus tendu ces derniers temps. Sans doute les élections. Le vieux shérif les avait toujours remportées haut la main depuis une bonne trentaine d'année, une quarantaine même en fait. Ses victoires consécutives en devenaient presque louche en y réfléchissant bien. Mais ce n'était pas son problème. Même si le chimpanzé texan était totalement inutile au commissariat, il lui devait au moins sa place. Tout. Sans son boulot, il n'aurait plus rien.

    Parmi l'équipe de la police de Ghost Island, il y avait une nouvelle recrue, une certaine Hayleen. Elle n'avait rien d'une bleue pourtant et avait très vite su s'imposer comme une bonne femme flic pour ses atouts sur le terrain, sa motivation et non pour ses jolies yeux ou sa belle crinière rousse. Hayden aimait bien cette nana-là. Travailler avec elle n'était en rien une corvée. Elle était aussi bosseuse que lui, et ils arrivaient toujours à des petits résultats en fin de journée, tout en se moquant parfois de leur « bon gros patron adoré. » Elle représentait d'ailleurs une aide efficace, car depuis les deux dernières décennies, la criminalité dans sa chère petite ville n'avait cessé d'augmenter pour atteindre aujourd'hui des chiffres inquiétants, devenus difficiles à dissimuler à l'opinion publique, bien que la population assez naïve n'avait pas encore vraiment réagi. Pourtant, l'adjoint du shérif, s'il écoutait son flair, sentait bien que la charmante jeune femme lui cachait certaines choses. En bon garçon, il ne lui avait jamais soufflé un mot là-dessus et allait même parfois jusqu'à prendre sa défense dans le bureau du chef. Il n'en restait pas moins qu'il s'en méfiait, un peu, et qu'il avait la ferme attention d'obtenir les réponses à ses questions, un jour ou l'autre. Même s'il fallait attendre, il trouverait le secret de Hayleen Brooks.



    6 : 07


    Assez tergiversé. Hayden se leva de son fauteuil, s'étira une dernière fois et secoua la tête. Il marcha ensuite en direction de la salle de bain. Mrs. Sanderson dormait encore, ou restait bien sagement dans son lit, sans pousser ses petits gémissements de nourrisson. Une fois arrivé le jeune homme déboutonna sa chemise et son pantalon. Une fois nu, sous la douche, il contempla quelques secondes son érection matinale mais n'y prêta pas plus attention que ça. La prochaine fois. L'eau chaude dégoulina le long de son corps poisseux de la veille. Rien de tel pour bien commencer la journée. Il y resta un moment, le temps de laisser la chaleur envahir la pièce et la buée s'intensifier sur le miroir du lavabo. Hayden pataugea un peu dans l'eau, puis sortit prendre sa serviette, s'essuya et retourna dans sa chambre. Roselyn commençait déjà à geindre faiblement. Tant pis, il irait la voir plus tard, avant le petit-déjeuner.

    Une fois de retour dans son espace à lui, il récupéra son uniforme soigneusement repassé de la veille dans son placard et l'enfila à la hâte. L'adjoint du shérif se regarda brièvement dans la glace. Il aimait bien ce costume, même s'il était la preuve qu'il n'était pas allé au bout de ses ambitions. Serait-il encore le second d'un gros lard lorsqu'il aurait passé la trentaine, la quarantaine ? Le garçon soupira. Il avait déjà vingt-neuf ans. Au moins, il gagnait suffisamment sa vie pour subvenir aux besoins multiples du foyer. En serrant la sangle de sa montre à son poignet, il reprit confiance en lui. Il pouvait être fier de lui quand même. Ghost Island, le nouveau nid à embrouilles de l'Amérique n'avait pas trop dégénéré pour le moment, et il comptait bien empêcher les choses d'empirer, si ce n'est de les améliorer. Son insigne brillait fièrement. Son estomac se mit à gargouiller docilement. Il pourrait manger après l'arrivée de l'infirmière de sa mère. Des oeufs au bacon seraient parfaits !



    6 : 32


    Le téléphone sonna d'un coup, brisant le calme éphémère de la maison. Hayden assis sur sa chaise en train de lire le journal se précipita pour décrocher le combiné. Pour plus tard le bon café du matin et la brioche achetée hier soir. Après réflexion, il devrait se passer de petit-déjeuner. Un nouveau crime. Humphrey était furieux. La routine.

    – L'jeunot ! Ramène ton joli p'tit cul de puceau au 14 de Green Street. Et que ça saute !
    – J'arrive tout de suite !
    – Quoi ! T'es pas encore parti ?!

    Décidément Humphrey avait le chic pour bouleverser les rituels matinaux de son second. Hayden avait foncé à la chambre de sa mère, avait embrassé ce visage ignare sur le front, avait laissé un mot à l'attention de l'infirmière et avait filé jusque sa voiture de fonction. C'était toujours la même chose. Il n'avait jamais le temps de passer du temps avec Roselyn. Même s'y s'occuper d'elle restait une tache fatigante, il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir de ne plus pouvoir être aussi présent pour elle qu'auparavant. Elle commençait déjà à l'oublier, lui aussi. A quoi bon espérer un rétablissement !

    Au volant de sa voiture de patrouille, il avait filé jusque Green Street pour rejoindre ses collègues. Son chef ne se déplacerait sans doute pas. Comme d'habitude. Il se regarda dans son rétroviseur. Zut, il n'avait pas eu le temps de se raser, ni de se brosser les dents. Il s'empara du paquet de chewing-gum posé sur le fauteuil du passager et en enfourna deux. Il continua à appuyer sur la pédale de l'accélérateur. Il avait réussi à ne mettre que sept minutes avant d'atteindre son but. Il voyait déjà les photographes se précipiter comme des mouches autour du ruban jaune des services de police, indiquant une scène de crime. Hayleen était là elle aussi. En claquant la portière de son véhicule, il lui adressa un signe de la main avant de constater l'ampleur des dégâts. Une jeune fille défigurée. La routine. Non, cette fois, c'était une fille de bonne famille. Les élections approchaient. Humphrey allait se bouger le cul. Se remuer pour les faire travailler deux fois plus, sans qu'il se fatigue trop bien sûr.



    7 : 01


    Dégueulasse. Le corps était salement amoché. Le policier en avait eu un léger haut le cœur qu'il avait contenu. Il était l'adjoint du shérif, il ne pouvait pas se permettre de vomir devant le premier macchabée trouvé. Son estomac était vide de toute façon. Il avait mis ses mains dans ses poches. Et s'était penché insensiblement au-dessus de la victime. Voyant qu'aucun de ses camarades n'était décidé à se lancer à la fouille. Il soupira. Enfila des gants en plastique et fouilla le cadavre. Hayleen lui vint en renfort. Il adorait cette nana-là. Même si elle était de sept ans sa cadette, elle n'avait pas peur de mettre les mains dans la merde, mais savait rester propre sur elle. Une véritable pro. Elle était vraiment efficace. La besogne qui promettait d'être longue et ennuyeuse fut ainsi rapidement expédié grâce à elle. Cependant, ils ne trouvèrent pas grand chose d'utile. Du travail de boucher minutieux.

    Il fallait maintenant faire un rapport à leur cher bon gros patron. Et il n'avait rien à lui apporter comme solution pour le moment. Hayden voyait déjà le visage atemporel d'Humphrey tenter de se plisser pour les gourmander comme des enfants ayant commis une grosse bêtise. Mais ils faisaient juste leur travail, ou essayaient de le faire avec le peu de moyens dont ils disposaient. Le jeune homme rejoignit son véhicule et fila au commissariat sans demander son reste. Une fois garé sur sa place de parking attitré – il lui fallait bien un ou deux privilèges quand même pour compenser tous les inconvénients de sa fonction après tout – il sortit et pénétra dans le bâtiment en mastiquant son chewing-gum. Une fois devant le bureau du shérif, il frappa et entra. Hayleen était déjà là. L'heure des explications avait sonné.

    – Alors le jeunot ? Au rapport, et que ça saute. Je vous écoute vous deux. Tout de suite !



    7 : 20

    C'était clair, Humphrey n'était pas sous son plus beau jour. Il râlait encore. Hayden avait cette faculté de ne pas toujours tout écouter les remontrances de son patron. Talent ou simplement lourd problème de concentration à cause de la fatigue, en tout cas ça lui était bien utile avec un chef tel que le gros monsieur assis en face de lui sur son bureau. Blablabla. Le vieux texan pouvait facilement devenir irritant. Déjà qu'il trouvait agaçant qu'il s'amuse à jouer au père avec lui, il avait du mal à le supporter lorsqu'il lui râlait dessus sans de vraies raisons. Ce n'était pas sa faute après tout si Ghost Island était en train de devenir un lieu craignos. Il faisait de son mieux pour l'empêcher. L'adjoint du shérif baissa la tête. Il n'avait pas tout écouté, mais Humphrey finissait toujours par se taire lorsqu'on le laissait réciter son petit monologue sans être dérangé. De temps en temps, il lançait des coups d’œil complice à Hayleen sa collègue qui faisait de même. Sa présence était rassurante, bien qu'elle ait beaucoup de mal à ne pas envenimer la situation et énerver davantage leur « gros lard adoré. »

    – Les élections vont avoir lieu, je veux des résultats. Nous devons mettre la main sur ce malade et le stopper avant qu'il ne s'en prenne à d'autres.

    – A la haute société de Ghost Island, vous voulez dire ? A ceux qui ont les moyens de se protéger ? Que faîtes-vous des autres ?

    Dans le vocabulaire Humphreysien, « nous » signifiait en fait « vous » et dès qu'il employait le verbe « devoir » il fallait ajouter en fin de phrase quelque chose du genre « C'est un ordre ! » ou « Et que ça saute ! » En clair, le shérif venait clairement de leur promettre une longue journée d'enquête pour un seul cadavre, laissant les autres noyés dans l'oubli. Comme d'habitude. Hayleen n'était pas dupe non plus. Même si elle était là depuis peu, elle avait réussi à entièrement cerné le personnage qu'elle avait en face d'elle. Par contre, elle l'ouvrait un peu trop. Hayden sentait bien qu'il allait devoir essayer de rattraper la situation avant que leur chef ne se mette à faire des vocalises. Le vieux était en tout cas piqué à vif, comme l'attestait son teint subitement devenu rouge. Aie. Autant tenter la diplomatie. Tenter.

    – Ecoute Humphrey... Hayleen est sur les nerfs. Le cadavre, comme tu le vois sur les clichés qu'on t'a ramené et tellement difforme que ça a du heurté sa sensibilité. En même temps elle est nouvelle. Je me porte responsable d'elle. Nous allons essayé de trouver le coupable...

    – Essayer ? VOUS allez vous remuez, hein ! (Et que ça saute !)

    – Sois tranquille pour tes élections.

    – Bossez sur l'affaire tout de suite ! (C'est un ordre !)

    Dans le jargon de Hayden, faire de grands discours à Humphrey signifiait en réalité un mélange entre « Je t'emmerde » et « Il faut trouver le meurtrier. » Il n'avait pas forcément aimé parler au nom de sa collègue, parler d'elle à la troisième personne comme si elle n'était pas là, mais il avait préféré calmer le brasier. Le shérif grognait toujours autant en fait. Mieux valait ne pas rester là trop longtemps. Le jeune homme jeta un coup d’œil à Hayleen pour lui signifier d'éviter de rétorquer à la larve texane avachie dans son fauteuil. Il n'aimait pas se rabaisser et fermer sa gueule, mais parfois mieux valait faire profil bas, ce qu'elle semblait ne pas encore avoir complètement assimilé même si elle faisait déjà de gros efforts.
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Mercy Harquin

❙ r a c e : Humaine
MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Sam 3 Mar - 14:05

    Ouais. La vue du corps avait remué sa sensibilité. Autant qu'une araignée écrasée, à vrai dire. Pour avoir vu tout un tas de trucs dégueulasses, la jeune chasseuse finissait par en être immunisée. Mais Mercy comprit qu’Hayden lui envoyait implicitement un message. « Ferme-la et laisse-moi parler avant que ça ne parte en cacahuète par ta faute, espèce d’idiote ».
    L’orgueil de Mercy était fortement touché mais fort heureusement, elle savait quand il fallait la fermer. C’est-à-dire tout de suite. Elle prit un air bouleversé pour convaincre Humphrey. Par expérience, elle savait que certains hommes avaient besoin de se sentir plus fort. Ils voulaient être la place de celui qui avait la plus grosse…Ahem… fierté. Humphrey était le profil type du mec qui avait des idées toutes faites sur les femmes : leur place était à la cuisine et elles devaient s’écraser devant la puissance du mâle. Etrangement le fait de le savoir divorcé ne l’étonnait nullement.

    • Je suis désolée, je ne sais pas ce qu’il m’a pris… Cette pauvre fille… Je ne voulais nullement douter de votre intégrité…


    Flatte le chien et il lèvera la queue. Mercy vit le visage d’Humphrey se radoucir. Lui laisser croire qu’il avait le pouvoir sur elle. Lui laisser penser que sans lui, elle n’était rien. Limite lui laisser croire qu’elle fantasmait sur ses répugnants plis de graisse et sur ses doigts boudinés couvert de sucre glace.
    Se faire couler des larmes sur commandes ? Facile. Elle poussa le jeu jusqu’à pousser un petit cri à peine audible en posant la main sous sa gorge. Regarder les téléfilms pourris du dimanche après-midi ? Cela lui apprenait à jouer la comédie dans le registre dramatique voire tout à fait pathétique. L’important était que ce gros lard se prenne au jeu. Et cela sembla marcher.
    Mercy hocha la tête, baissant volontairement le regard, ses boucles rousses accompagnant son mouvement de tête.

    • Oui, Hayden et moi travaillerons sur l’affaire aussi rapidement que possible. Mercy poussa un soupir faussement las en se mordant la lèvre.


    Quiconque connaissait Mercy se douterait qu’elle était ouvertement en train de se payer la tête d’Humphrey dans les règles de l’art. Le shérif était cependant beaucoup trop aveugle pour s’en rendre compte. Hayden, beaucoup, mais BEAUCOUP moins idiot que lui s’en rendait compte.
    Je vais te la régler ta putain d’affaire. Et je m’assurerais que tout le monde sache réellement qui tu es et qui fait véritablement le boulot, connard.
    Pourquoi Hayden s’écrasait ? Pourquoi se laissait-il faire par ce bouffeur de donut ? Il était mille fois plus compétent que lui. Pendant qu’Humphrey et les autres prenaient leur week-end, Hayden restait au bureau, le nez dans les dossiers. Les habitants de Ghost Island ne voyaient-ils rien ? Ou alors était-ce le fait que ce gorille fumeur de gros cigares cubains soit aux commandes les rassuraient ? Parfois, la population avait peur du changement. Comme si changer de shérif serait la fin du monde. C’était affaire publique que Humphrey recevait des pots-de-vin de la part des plus riches pour que les écarts de leurs mômes ne soient pas conservés dans les dossiers. Par contre, ceux qui n’avaient pas les moyens de le soudoyer s’en mordaient les doigts.
    Lorsqu’elle quitterait cette putain de ville, Mercy s’assurerait que Hayden soit à la place qui lui revenait. Celle de shérif. Pas celle de lèche-botte d’un pourri.
    Mais pour le moment, elle était loin d’en avoir fini avec Ghost Island. Très loin.

    Humphrey eut un geste de la main leur demandant de déguerpir et après une ultime courbette (« Soyez tranquilles, nous trouverons le coupable et tout le monde saura que vous veillez au mieux sur cette brave petite ville !), Mercy et Hayden sortirent du bureau. La jeune femme garda le sourire jusqu’à ce qu’ils se retrouvent dans le bureau de l’adjoint et qu’Hayden referme la porte. Une fois à l’abri des regards, son sourire s’effaça et elle lâcha un :

    • Je m’appelle George Humphrey, je suis un fumeur de cigare et un gros pourri jusqu’à la moelle… Quel connard !


    Mercy se laissa tomber sur la chaise en face du bureau en chêne massif sur lequel était entreposé tout un tas de dossier bien plus urgent.

    • C’est maintenant qu’il se remue les fesses, lui ? On en est à, quoi ? Cinq victimes en un mois ?


    Mercy porta son regard de jade sur Hayden. Ils avaient du pain sur la planche et la journée, ainsi que la nuit qui allait venir, s’annonçait très longue. Humphrey ne les lâcheraient pas tant qu’ils n’auraient pas de résultats à lui offrir sur un plateau d’argent. Autant annuler le verre chez Joey qu’elle avait prévu de prendre avec Alderin.


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Invité

MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Sam 3 Mar - 17:14

    7 : 25
    Heure d'une représentation théâtrale gratuite. Hayleen avait saisi le message. L'adjoint su shérif avait d'abord craint qu'elle ne s'empourpre davantage et déverse toute son amertume sur leur supérieur. Mais elle avait su prendre sur elle et déclamait le genre de récital que Humphrey appréciait entendre de la part d'une femme. Elle adoptait avec brio le rôle de la jeune fille bouleversée par les événements et faible devant la puissante masculine. Le macho, renfoncé dans son fauteuil, ne pourrait pas rêver mieux. Sacrée nana ! Mais, il ne fallait pas s'y tromper. Elle n'en pensait pas moins que son chef était un pauvre enfoiré et qu'elle lui ferait payer un jour. Ça se voyait. Du moins, Hayden le voyait bien à son sourire en coin qu'elle avait gardé discret dans le coin de sa bouche pendant tout son petit numéro. Elle surjouait même son personnage, pour montrer plus explicitement encore la bêtise du shérif de Ghost Island. Elle jouait avec le feu parfois, mais elle s'en sortait toujours bien. Et avec classe.

    – Oui, Hayden et moi travaillerons sur l'affaire aussi rapidement que possible.

    Le visage du gros Texan semblait s'apaiser. Ce vieux sexiste jubilait de son pouvoir qui lui avait octroyé la chance d'obtenir une unique représentation à guichet fermé de la grande Hayleen Brooks. Mais qui connaissait-il à l'art du spectacle ? En même temps, le jeune policier n'y était pas lui-même très réceptif, ni habitué, mais lui au moins savait lire entre les lignes, comprendre son attitude. Ils étaient partenaires après tout. En tout cas, après cette petite distraction, ils allaient devoir une nouvelle fois travailler ensembles pour résoudre ce nouveau crime. Encore un. Humphrey sourit en s'affalant sur son dossier. Peut être allait-il faire une petite sieste, vu son âge. Sa réaction ne se fit plus attendre. Il n'était plus en colère. Il semblait en plein orgasme après une telle fausse démonstration de sa supériorité. Il les chassa de la main comme de petits garnements. Il allait jouir. Hayden et Hayleen ne se firent nullement prier et sortirent sans demander leur reste.


    7 : 31
    Changement de décors. Retour à la réalité. Ils déboulèrent dans le bureau d'Hayden, où le vrai boulot serait accompli. Humphrey vivait vraiment sur son petit nuage, tout moelleux, tout gras. Comme lui en fait. Maintenant, ils allaient devoir respecter leur promesse, essayer de trouver le coupable au meurtre de cette charmante petite matinée. Le sourire hypocrite de Hayleen s'était estompé au fur et à mesure qu'ils s'en étaient approchés pour finalement n'être plus qu'un vague souvenir. Elle avait du faire un véritable effort pour ne pas répondre trop sèchement à leur patron alors que celui-ci la rabaissait sans arrêt au rang de pauvre femme flic qui n'avait rien à faire dans un commissariat mais devrait plutôt s'affairait aux fourneaux, à moins qu'elle ne prépare le café, ne ramène les donuts à toute l'équipe. Une secrétaire peut être, mais certainement pas une inspectrice. En regardant sa collègue, qu'il considérait comme son égal, malgré qu'exerce une fonction plus importante, Hayden comprenait clairement que le quotidien de cette dernière n'était qu'une lutte pour s'affirmer dans son travail. Elle s'en sortait vraiment très bien. C'est pourquoi, il l'avait choisi comme partenaire, sans arrière-pensée derrière. Encore un de ses maigres privilèges.

    – Je m'appelle George Humphrey, je suis un fumeur de cigare et un gros pourri jusqu'à la moelle … Quel connard !

    Hayleen s'était finalement laissée tomber sur la chaise en face de son bureau. Elle prenait ses aises un peu avec lui, mais cela ne le dérangeait pas. Ça l'avait certes un peu surpris au début, mais maintenant il s'en fichait. En tout cas, c'était une parfaite imitation du shérif. Sans avoir le nom et le prénom, Hayden aurait pu deviner de qui il s'agissait. L'adjoint d'Humphrey sourit et alla s'asseoir dans son fauteuil, nettement moins confortable que celui du patron, mais bon. Il laissa échapper un rire muet également. Ça faisait du bien de décompresser un peu avant un lourd travail, même s'il fallait le faire sur le dos du « grand patron. » Toutefois, le portrait était légèrement incomplet. Pour être plus proche de la réalité, sa collègue aurait du rajouter les mentions « vieux con égocentrique » et « incapable. » Il savait très bien que son patron touchait des pots de vin, mais il n'avait jamais rien tenter contre ça, pour la simple et bonne raison, que sa place dans le département dépendait de cet homme véreux et paresseux. Devant lui, sur son bureau se trouvait une pile de dossiers plus urgents que le nouveau crime du jour.

    – C'est maintenant qu'il se remues les fesses, lui ? On en est à, quoi ? Cinq victimes en un mois ?

    Hayden sentit les yeux verts de sa partenaire s'enfoncer dans les siens. Le sourire du jeune homme s'effaça aussitôt. Elle redevenait sérieuse. Il avait un tas de choses à faire, autant s'y mettre tout de suite. Il soutint son regard sans faillir. Il n'eut même pas à réfléchir trop longtemps pour lui répondre. D'une part, qu'importe le nombre, un serait toujours de trop. D'autre part, il avait encore les données de la veille en tête. Il répondit alors, la bouche en coin :

    – Six Hayleen. Six. Avec celle de ce matin, ça en fait six …


    7 : 36
    L'officier baissa les yeux pour regarder sa montre à son poignet. Sept heure trente-six. Ils commençaient donc le boulot avec une petite demi-heure d'avance. Et bien entendu, les heures supplémentaires n'étaient pas rémunérées. Et ils en feraient. Le matin comme le soir. Humphrey ne sera satisfait et calmé qu'une fois ses élections remportées. En parlant du « gros lard, » il devait sans doute être retourné piquer un somme, lui. Le voir aussi de bonne heure au commissariat relevait déjà du miracle après tout. Le jeune homme soupira en ouvrant le premier tiroir de son bureau, en sortit quelques dossiers supplémentaires, les copies de ceux qu'ils avaient travaillé la veille très tard au soir, ou très tôt au matin. Dans le second tiroir, il en sortit un autre, vierge cette fois-ci, pour constituer la nouvelle affaire qui se présentaient à eux. Son regard retourna se planter dans celui de sa camarade. Il était on ne pouvait plus sérieux. Il lui présenta alors les chemises cartonnées qu'il venait de poser.

    – Bon bah … Cinq affaires que j'ai épluché hier. Aucune ne coïncide. J'ai l'impression que ce n'est jamais le même coupable. A croire que la criminalité à vraiment augmenté dans le coin. Et maintenant un sixième coup, toujours aussi original que les autres. Voilà le topo en clair.

    En tout honnêteté, il n'avait aucune idée pour le moment de la façon de résoudre l'enquête. En tout cas, les crimes ne semblaient pas liés, si ce n'est qu'ils se passaient dans ce fichu patelin. Ghost Island. C'était comme si la ville elle-même était la coupable, comme si le simple fait d'y vivre faisait de ses habitants des proies potentiels à quelque chose qui les dépassait tous, que le dépassait lui-aussi. Il secoua la tête. Il devait forcément y avoir une explication plus rationnelle qu'une histoire de fantôme ou de malédiction tout de même. En tout cas, il ne dit rien à Hayleen par fierté masculine. Il ne voulait pas lui apparaître totalement impuissant sur le coup.
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Mercy Harquin

❙ r a c e : Humaine
MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Sam 3 Mar - 23:25

    Six.
    Six meurtres.

    Mercy jeta un œil sur les chemises cartonnées qu’Hayden lui tendait. Aucun de ces meurtres étaient reliés à un autre. Par une cause surnaturelle peut-être. Sur un cas, on avait retrouvé un poil de loup alors que ces bêtes-là ne vivaient plus dans les environs depuis plusieurs décennies. Conclusion : Loup-garou. Sur un autre, le corps avait été lacéré. Là, Mercy reconnut la marque de fabrique de Freddy, bien qu’elle ne le dise pas à Hayden. Le troisième semblait avoir été vidé de son sang et deux points rouges saillaient sur la gorge pâle de la victime. Mercy songea à Tena, la petite amie d’Alderin. Elle espérait vraiment qu’il y avait d’autres vampires en ville, qu'elle pourrait tuer sans remords... Car Mercy ne pourrait pas laisser Tena tuer tout le monde bien longtemps, peu importe sa relation avec Alderin. Il faudrait qu'elle lui en touche deux mots d'ailleurs.
    La quatrième victime avait été égorgée dans sa salle de bains. Porte et fenêtre verrouillée. Sans doute un esprit vengeur. Une version plaisante de Bloody Mary.
    Quant à la cinquième, il s’agissait d’une victime du polymorphe que Ash avait tué et qu’ils avaient fait disparaître dans les bois avec Alderin. Cinq meutres. Cinq affaires différentes. Cinq créatures surnaturelles différentes.

    Mercy se mordit la langue. Elle avait réponse à toutes les questions d’Hayden, mais ne pouvait pas le dévoiler. Elle se sentit mal de devoir lui cacher ça. Mais il n’était pas prêt à entendre la vérité.
    Le monde surnaturel était un monde sanglant, violent. Ceux qui étaient au courant étaient soit eux-mêmes des créatures surnaturelles, soit en relation avec eux. Restaient les chasseurs.
    Ceux qui n’étaient dans aucune de ses catégories finissaient par se faire tuer.
    Elle ne voulait pas prendre le risque que cela arrive à Hayden. D’abord parce qu’elle l’appréciait. Mais aussi parce qu’elle ne voulait pas priver cette foutue ville de quelqu’un de compétent.
    Elle leva la tête vers Hayden.

      C’est vraiment étrange. Aucune affaire ne concorde, aucune preuve ne revient d’une affaire à l’autre… Et pourtant, cela fait six victimes en un mois. Qu’est-ce qu’il se passe avec cette ville ?


    Voilà la bonne question. Pourquoi les créatures surnaturelles convergeaient-elles toutes vers ce point précis ? Une petite ville des Etats-Unis, n’apparaissant même par sur Google Map. Mercy doutait que la graisse du sheriff et trois culs de vaches les intéressent outre mesure. Il devait y avoir autre chose. Mais quoi ?
    Mystère et boule de gomme.

    Elle posa délicatement les dossiers sur le bureau, culpabilisant à l’idée de mentir à Hayden. Elle se rassura en disant que c’était pour son bien. Que c’était pour le protéger d’une chose qui le dépassait et qui pourrait lui coûter la vie s’il fouinait trop de ce côté-là.

    Elle laissa reposer ses mains sur ses accoudoirs et repensa au sixième cadavre. Peut-être que cette fois-ci, c’était une affaire on ne pouvait plus normale. Avec un assassin humain. Et non une quelconque créature surnaturelle.

    Car après tout, si ce n’était la barbarie du meurtre, le corps ne présentait aucune particularité. Ni la scène de crime. Elle sortit son calepin, sur lequel elle avait noté les déclarations de certains témoins. Tout en parcourant les notes du regard, elle joua nerveusement avec son stylo bille.
    La fille s’appelait Alyson Randall. Retrouvée ce matin par un gamin qui partait pour l’école dans la ruelle entre le cinéma et le fleuriste. Le pauvre môme passait dans le coin quand il a vu une forme allongée. Et vu l’état du cadavre, il était bon pour dix années de thérapie…

      On a vérifié la liste de ceux qui travaillait au cinéma hier soir ?


    Mercy espérait. Elle espérait que ce soit un humain.
    Ce qui était fou, car savoir un humain capable de faire ça était encore plus effrayant que s’il s’agissait d’une créature. Mais elle voulait ne pas avoir à intervenir autrement que dans le cadre de ses fonctions de fausse flic. En tant que Hayleen Brooks et non en tant que Mercedes Harquin.

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They say we are what we are, but we don't have to be. I'm bad behaviour but I do it in the best way. I'll be the watcher of the eternal flame. I'll try to picture me without you but I can't. 'Cause we could be immortals just not for long. And live with me forever now. Pull the blackout curtains down.


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MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Dim 4 Mar - 13:40

    7 : 39
    L'adjoint du shérif se pencha en avant pour regarder en même temps que sa collègue les dossiers qu'il voulait lui montrer. Traces de crocs dans la nuque d'une des victimes, lacération inhumaine sur l'autre. Pour le cas de la morsure, Hayden avait sa théorie. Il devait peut être s'agir d'un groupe de jeunes détraqués qui jouaient à se faire passer pour des vampires. C'était la mode en ce moment après tout. Sauf que le petit jeu avait mal tourné et aucun des gamins n'avaient suffisamment de cran pour venir avouer la vérité et assumer ses responsabilités. Les griffes sur l'autre corps lui avait fait pensé à ceux d'une bêche ou d'un râteau. Il enquêterait parmi la population paysanne du coin. Hélas elle représentait près de la moitié des habitants ici. Il y avait aussi ce corps à moitié dévoré, avec des touffes de poils lupins sur les lieux du crime. La thèse du loup sauvage était peu probable pourtant. Ils ne vivaient plus au Moyen-Age quand même ! Le policier suspectait l'agissement d'un détraqué qui aurait dressé son chien contre quelqu'un. Un meurtre prémédité. Le corps retrouvé dans la salle de bain ? Un suicide peut être. Il n'avait toutefois pas encore assez de preuves dans chacune de ces affaires. Il avait passé la nuit à élaborer ces explications logiques pour faire triompher la réalité face à l'horreur presque surnaturelle de tous les meurtres et disparitions inexpliquées qui se déroulaient depuis déjà bien trop longtemps à Ghost Island. Il lui manquait des éléments précis pour appuyer ses théories, avant de pouvoir en parler à Hayleen puis à Humphrey. Il y avait donc plus d'un tueur, plus d'un détraqué dans ce fichu patelin. Par contre, cela n'expliquait nullement pourquoi la criminalité montait en flèche sans qu'on puisse vraiment freiner cette hausse inhumaine. Ce trou du cul du monde devenait vraiment un nid à embrouilles. Une impasse.

    – C'est vraiment étrange. Aucune affaire ne concorde, aucune preuve ne revient d'une affaire à l'autre … Et pourtant, cela fait six victimes en un mois. Qu'est-ce qu'il se passe avec cette ville ?

    Bonne question. Il y avait un truc qui n'allait pas. Mais il ne savait pas quoi. De toute façon, le shérif se moquait bien des cinq décès prématurés. Seul comptait la mort de la jeune fille de bonne famille retrouvait non loin du centre ville. Là, ça devenait politiquement gênant et difficile à maquiller. Il fallait donc mettre toutes ses forces sur cette affaire. Hayden ne put retenir un énième soupir devant la réponse négative de sa camarade. Il ne prit même pas la peine de lui répondre. Rien. Elle ne savait rien de plus que lui apparemment. Il émanait toujours de ses yeux cette lueur de malice qui lui faisait penser qu'elle avait toujours une réponse à ses interrogations. Il avait du se tromper. Il lui sourit pour cacher son apparente déception avant de replonger au fond de ses pensées mobilisées par leur nouvelle enquête.


    7 : 43
    – On a vérifié la liste de ceux qui travaillait au cinéma hier soir ?

    Voilà l'Hayleen que Hayden adorait. Elle était vive d'esprit. Elle avait compris ce à quoi il avait pensé tout d'abord, avant de se faire gentiment remonter les bretelles par leur patron. Si le corps avait été retrouvé près du cinéma, autant tourner les investigations de ce côté pour commencer. L'adjoint du shérif lui adressa un magnifique sourire pour la congratuler de son utile question. Il était vraiment content d'elle. Il était peut être le seul ici, la plupart des flics ici étant plutôt des machistes corrompus à la solde d'Humphrey. Pourtant le shérif avait préféré le choisir comme second, par affinité peut être, mais surtout pour son intégrité et sa réussite sur le terrain. Il lui faisait une bonne publicité au moins, sans qu'il ait besoin de trop remuer son énorme et auguste fessier de son fauteuil de cuir. Hayden saisit le téléphone et appela un des collègues resté sur place, tout en lançant un clin d’œil à Hayleen.

    – Allo ? Sanderson à l'appareil. Il me faudrait la liste de tous les employés qui ont travaillé au cinoche hier soir. Ça commence à presser. Je ne le répéterai pas une troisième fois. Oh et tant que vous y êtes, j'aimerais avoir aussi qu'on m'amène aussi les tickets de caisse pour pouvoir estimer sa fréquentation hier soir. Ah et ramenez un programme ciné au chef !

    Le jeune policier, une fois ses directives données, raccrocha. Il reprit les dossiers des crimes du mois pour les ranger dans le premier tiroir de son bureau. Il ne garda que la chemise vierge de couleur rouge en face de lui. Il fallait constituer un nouveau dossier, pour cette nouvelle affaire. Il secoua vivement la souris de son ordinateur avant de se souvenir qu'il ne l'avait pas encore allumé, ce qu'il fit aussitôt. Il attendit alors en tapotant nerveusement sur la surface plane du bois. Il allait falloir écrire toutes les données, prendre des témoignages s'il y en avait, consulter les photographies du cadavre, voir le légiste, la famille de la victime même peut être … Beaucoup de travail en perspective.

    – On n'est pas sorti de l'auberge. Tu veux que j'aille faire du café en attendant que le PC soit opérationnel ?

    Il adorait utiliser l'adjectif « opérationnel. » Ça faisait beaucoup plus sérieux et professionnel. C'était peut être un minuscule détail, mais Hayden avait cette fâcheuse manie de s'inquiéter de la moindre petite chose, aussi futile ou invisible soit-elle. Il croisa les doigts et s'étira, les bras en arrière. La fatigue devant la tâche écrasante qui l'attendait se faisait ressentir, mais il était trop excité par son boulot pour réussir à fermer l’œil avant d'avoir fait triompher la justice, ce qui n'arrivait pas tant que ça à Ghost Island, malheureusement. Devant sa partenaire, il se permettait ce genre de petite familiarité.
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Mercy Harquin

❙ r a c e : Humaine
MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Dim 4 Mar - 17:26

    Hayden semblait avoir eu la même pensée qu’elle. Il s’empressa de décrocher le téléphone pour demander la liste du personnel du cinéma ainsi que les tickets vendus. Mercy se doutait qu’elle ne serait pas sans fin, le cinéma ne passant que quelques films débiles, notamment de série B ou encore les navets qui avaient eu du succès, comme un certain film de vampire qui rendait le mythe tout simplement ridicule. Cela ne laissait pas beaucoup de choix. Et pour le prix que coutait une place de ciné, autant télécharger un film sur internet.
    Son collègue lui proposa également d’aller faire du café le temps que l’ordinateur s’allume. Mercy ne put qu’hocher la tête avec joie. Elle n’avait pas eu le temps d’en prendre ce matin et en avait plus que besoin. Rien de tel que l’odeur du café pour se sentir d’attaque pour ce dossier.

    • J’adorerais ça. Je sens que cette affaire va nous prendre un temps fou.


    Sans compter que la jeune femme n’avait dormi que quelques heures la nuit précédente, travaillant sur l’affaire Freddy Krueger. Cela se voyait sur son visage. Les cernes se dessinaient sous ses yeux vifs, lui donnant l’air de quelqu’un n’ayant pas dormi depuis une semaine.
    Lorsque Hayden sortit pour aller faire du café en salle de pause, Mercy se replongea dans l’étude du cas Alyson Randall. Dix-sept ans. Vivait dans les beaux quartiers de Ghost Island. Mère : Lénore Randall. Travaillait dans le service administratif de la mairie. Père : Joshua Randall. Proviseur du lycée. Retrouvée morte ce matin-même, entre le cinéma et le fleuriste. Corps découvert par Billy Watson, neuf ans.
    Bon sang, c’était tout ce qu’ils avaient ? Aucun témoin ? Aucune trace sur le cadavre ? Mercy posa le bloc-note sur le bureau d’Hayden et posa ses coudes sur la surface du bois pour se plonger le visage dans les mains d’un air las. Elle poussa un énorme soupire, prenant réellement conscience de l’ampleur de la tâche.
    Il n’était que huit heure moins dix. Le légiste ferait son rapport dans l’après-midi.
    En cet instant, Mercy rêvait de son lit. Oh oui… Un bon lit douillet avec un oreiller moelleux. Au lieu de ça, elle devrait se contenter de boire café sur café, en espérant qu’elle tiendrait la journée.

    Elle se redressa en repoussant doucement sa chaise pour marcher jusqu’à la fenêtre. Ses doigts fins écartèrent délicatement le store pour qu’elle puisse regarder à l’extérieur.
    Et si quelqu’un avait vu le meurtre ? Et si cette personne était trop terrorisée pour en parler à la police ? Cette fille avait bien du crier quand on l’avait éventrée pour sortir ses intestins ? Elle avait dû hurler quand on l’avait tabassé à mort ? Alors pourquoi personne n’avait rien entendu ?
    La réponse vint au moment où Hayden entra dans le bureau.

    • Kitty Genovese.


    Elle se retourna en entendant Hayden et le fixa.

    • Pourquoi je n’y ai pas pensé avant !


    Elle s’approcha d’Hayden, qui semblait ne pas comprendre où Mercy voulait en venir. La jeune femme avait été fascinée par ce cas à l’époque où elle songeait à faire des études de sociologie.

    • En mars 1963, à New York, une femme du nom de Kitty Genovese hurle dans la rue. Elle est en train de se faire poignarder. Tout le monde l’entend, mais personne ne vient à sa rescousse. La plupart des voisins ont joués aux trois singes quand la police les a interrogés. Je ne vois rien, je n’entends rien, je ne dis rien. On appelle aussi ce phénomène l’effet du témoin. Il est moins probable que des personnes interviennent dans une situation d'urgence quand d'autres sont présentes que quand elles sont seules.


    Mercy attrapa la tasse que Hayden tenait pour boire quelques gorgées de café pendant qu’il s’installait à son bureau.

    • Je ne pense pas qu’elle n’ait pas hurlé quand on son assassin lui a sorti les intestins de l’estomac… Nous avons donc deux hypothèses. Soit ils ont vu l’agresseur et n’ont rien dit. Peut-être parce qu’il s’agit de quelqu’un de la haute. Soit ils n’ont pas bougé car chacun pensait que l’autre allait intervenir. On doit interroger les voisins. Personne n’a bougé et cette fille est morte à cause de leur lâcheté.


    Mercy s’appuya sur la table, faisant face à Hayden. Elle se rendit soudain compte qu’il semblait perdu avec la tonne d’information qu’elle venait de lui balancer en plein visage. Et bim ! Dans ta face ! Ouais, c’était certainement l’impression qu’il avait du avoir en la voyant se lancer dans sa tirade sur le syndrome Kitty Genovese.

    • Quoi ?J’aime la sociologie se défendit Mercy.



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MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Dim 4 Mar - 19:11

    7 : 45
    Direction la salle de repos ! Objectif machine à café ! Hayden traversa le couloir d'un pas décidé. Du bureau d'Humphrey s'échappait des ronflements très sonores. Gagné, le vieux piquait encore un somme. Le policier ne s'attarda pas davantage devant la porte pour ne pas risquer de réveiller cette « Sleepy Beauty. » Il se retint de rire nerveusement sous la colère et l'aspect assez comique de la situation et reprit sa marche. Les collègues n'étaient pas encore revenus de la scène du crime. Certains étaient sans doute occupés à lui ramener les preuves qu'il avait réclamé. La plupart des autres étaient certainement sous la douche ou dans leur voiture en chemin pour arriver à l'heure au boulot. A huit heure. Une fois à l'intérieur, il vida une bouteille d'eau minérale dans la grande bouilloire électrique qu'il mit aussitôt en route. Pendant que l'eau remuait et qu'une petite fumée envahissait l'air ambiant, il se saisit du pot de cappuccino et renversa quelques cuillerées dans son imposant thermos. Il pensa aussi à prendre une bonne vingtaine de gobelets vides. Le son aimable de la machine lui annonçant que le liquide était enfin suffisamment chaude vint tinter agréablement à ses oreilles. Il vida alors l'appareil dans son récipient, secoua le tout, et sortit, son armée de gobelets en plastiques sous le bras, pour rejoindre Hayleen.


    7 : 51
    Quatre minutes pour faire bouillir de l'eau et préparer le café. Une minute aller, une minute retour. Il était de retour en un temps record. Pourtant, Hayleen semblait avoir eu le temps de faire de supers trouvailles. Elle affichait un grand sourire et ne saisissait de répéter un prénom suivi de son nom. « Kitty Genose. » L'adjoint du shérif ne comprenait pas encore où elle voulait en venir. Il était encore trop concentré sur la pile de verre en plastique sous son bras gauche et sur son précieux thermos qu'il tenait fermement dans sa main droite. Il la regarda, sourcils froncés parce qu'il ne pigeait rien à tout son charabia et alla s'asseoir à son bureau. Il ôta deux gobelets de sa pile et les remplit du café artificiel auquel la police de Ghost Island carburait le plus souvent. Il lui tendit son verre en souriant, puis but une franche gorgée de son cappuccino. Enfin, il se pencha en avant sur son bureau, se massa les tempes et stimula sa concentration en clignant plusieurs fois des paupières.

    – Doucement, doucement Hayleen. Reprends tout ce que toute ta théorie mais plus doucement, s'il te plaît.


    7 : 59
    La théorie des témoins. Ça tenait la route. C'était tellement simple qu'ils n'y avaient pas pensé plus tôt, mais c'était des plus logiques en fait. Le sourire du second du chef de la police s'élargit sous la satisfaction. Peut être les choses iraient plus vite après. Bientôt, ils trouveraient une identité à donner à l'assassin de Alyson Randall, la Kitty Genose de Ghost Island. La jeune fille, vu sa triste dépouille, ne pouvait pas être restée muette pendant qu'on lui avait perforé le ventre pour la laisser se vider de ses tripes. Elle aurait du au moins coasser. En tout cas, le crime avait été commis près du cinéma. On n'avait pas déplacé le corps post mortem, puisque le corps baigné bien dans une mare de sang et de sucs gastriques suffisamment importante. La solution approchait.

    Le téléphone sonna. Hayden décrocha automatiquement et reprit un air d'homme sévère. C'était l'équipe sur place. Ils avaient ce qu'il voulait, le programme ciné en plus. C'était parfait. L'adjoint du shérif sourit de nouveau, mais ne manifesta pas sa joie dans sa voix et se contenta de donner quelques directives supplémentaires à ses équipiers.

    – Parfait. Maintenant dépêchez-vous de me les faire transmettre. Je vous attends.


    8 : 01
    L'heure du service commençait enfin réellement. Il avait pourtant déjà hâte de résoudre la petite énigme que leur avait posé le chef. Il prenait vraiment du plaisir dans son travail. C'était peut être morbide, mais assurer la sécurité des gens en punissant les hors la loi, ça lui plaisait. Toutefois, il restait encore un sérieux problème. Trouver les témoins serait une chose aisée avec les tickets d'entrée pour l'unique salle de diffusion de la ville. Le légiste daterait l'heure de la mort, il n'y aura qu'à trouver la séance y correspondant. Mais, faire parler des gens qui avaient peur de lui dire la vérité pouvait s'avérer un peu plus compliqué déjà.

    – Ne reste plus qu'à faire parler nos petits témoins après les avoir dénichés. Hmm ... Tu veux faire le méchant flic je suppose ?
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Mercy Harquin

❙ r a c e : Humaine
MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Ven 13 Avr - 18:36

    A la proposition de Hayden, Mercy eut un sourire. Elle avait toujours rêvé de jouer les méchants flics. Jake ne voulait jamais la laisser interroger une créature. Alors Mercy se contentait de s'imaginer jouer les flics pourris et intimidants pour faire cracher le morceau. Voilà un rôle qui lui plaisait ! Elle se tourna vers Hayden, souriant de toutes ses dents :

    • Bien évidemment. C'est tellement drôle !


    Mercy se redressa un instant. Ainsi cette affaire serait probablement réglée plus vite qu'elle ne le pensait. Le gros lard voulait que cette affaire entre dans les priorités. Ils n'étaient pas dans un épisode de "CSI " malheureusement : l'affaire ne serait pas résolu en quarante-trois minutes. Il faudrait du temps, de l'investigation et des moyens que le département n'avait pas. L'équipe sur place n'avait pas fini de ramasser les preuves. Le corps n'avait même pas encore été emmené à la morgue, c'était pour dire.

    Il fallut attendre que les papiers demandés par Hayden arrivent sur son bureau et à en juger le temps que mit le pauvre type qui avait été désigné comme pigeon voyageur, ce type n'était pas pressé du tout. Mercy ne tenait plus en place. Pour elle, il fallait y aller tout de suite maintenant ! Une politique très primaire mais Mercy avait toujours été partisane du « Je tire d'abord, on discute après » et cela avait toujours été son plus grand problème. Elle faillit aboyer sur l'officier qui repartit aussi vite qu'il était venu, c'est-à-dire au rythme de la tortue. Si tous les autres employés étaient comme ça, tu m'étonnais que la plupart des enquêtes piétinaient. Aucun ne semblait motivé par son boulot, à part Hayden. Mercy eut, durant quelques secondes, l'impression qu'on se foutait d'elle. Ils en étaient à six meurtres bordel ! SIX MEURTRES ! Il fallait peut-être songer à se remuer un peu...Elle se retint de soupirer et prit place en face d'Hayden qui analysait les preuves rapportées. Pour l'aider, la jeune femme se saisit du programme du cinéma et constata qu'il n'y avait eu que deux séances dans la soirée. La première à 20h15 et la seconde à 22h00. Le film qui passait la veille durait 1h45 environs. Donc passé 23h45, le cinéma fermait ses portes. Soit on avait tué Alyson pendant une séance, dans ce cas, il fallait que les rues soient désertes, soit elle avait été tuée après la fermeture. Dans tous les cas, les voisins de l'immeuble à côté du cinéma avaient donc été témoins d'une quelconque manière mais se contentaient juste de la fermer bien gentiment. De qui avaient-ils peur ?

    Elle fit part de ses réflexions à Hayden avant d'ajouter :


    • Ce n'est pas possible que personne n'ai rien vu ! Et surtout que personne n'ai rien entendu ! Quand tu te fais arracher les boyaux, tu reste pas silencieux ?! A moins qu'elle n'ait été droguée mais on l'aurait vu lors de la première analyse, non ?


    Mercy but une nouvelle gorgée de café. C'était sa deuxième tasse. Le café n'avait pas un bon effet sur elle, cela avait tendance à la rendre excitée comme une puce. D'ailleurs cela commençait à se faire sentir car elle ne tenait plus du tout en place. Elle se redressa de sa chaise pour la quinzième fois en une heure et jeta un coup d'oeil à la carte de la ville qui était affichée sur le mur. Elle l'analysa pour en mémoriser chaque rue, le temps qu'Hayden termine ses propres investigations. Elle garda en mémoire le nom du cinéma et des quartiers qui environnaient la scène de crime. Selon les spécialistes, un tueur frappait le plus souvent dans un périmètre non éloigné de son domicile car il connaissait les lieux. Il restait à voir si les commerces environnant n'avaient pas filmé quelques choses. Mais là encore, les cassettes étaient parties au labo et il faudrait attendre avant de le savoir.
    Attendre... Une fois de plus.

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MessageSujet: Re: Donut, Café et Dossiers [Hayden/Mercy]  Jeu 10 Mai - 9:49

    8 : 02

    Ouai ça lui plaisait assez de jouer la méchante. Son minois, aussi charmant soit-il, ferait très bien l'affaire pour effrayer quelques témoins trop silencieux. Pourquoi ne pas lui laisser tenter le coup ? Elle serait dans tous les cas plus crédibles que la plupart des dernières recrues mal formées à défaut de moyen. Toutefois, Hayden ajouta un veto à sa proposition : il jouerait le flic sexiste auprès des femmes les plus dures à faire parler. Hayleen, étant une femme pourrait peut être réussir à susciter chez elles une certaine sympathie. Face à l'horreur du crime, il fallait bien adopter parfois des mesures plus radicales et ruser pour faire parler.
    Hayleen ne tenait plus en place. Décidément, elle apportait beaucoup à cette brigade, mais elle était peut être un peu trop impulsive. Le policier sourit. Il avait peut être été plus fougueux que ça quand il était sur les bancs de la fac. Mais c'était tellement loin tout ça. Maintenant c'était la fosse à purin, le nid d'embrouilles, Ghost Island !

    8 : 12

    Enfin, on lui apporta ce qu'il avait demandé. Ce n'était pas trop tôt. Le type qui faisait le coursier n'était pas des plus rapides ni des plus motivés, mais Hayden ne lui en tint pas rigueur. Mike était toujours aussi lent, ce n'était pas sa faute. Il manquait aussi très certainement d'assurance. Il marchait souvent légèrement cambré à regarder ses pieds. L'homme était peut être plus âgé que lui, la trentaine passée depuis cinq bonnes années, l'adjoint le considérait encore comme un adolescent en pleine quête identitaire. La vérité c'était surtout qu'un divorce prématuré ne faisait jamais un bien fou sur le moral. Il le regarda repartir aussi penaud qu'il était venu.
    De son côté, Hayleen semblait prendre vraiment sur elle pour ne pas crier sur le trentenaire. Elle y parvint heureusement. Autant ne pas zapper le moral de toute l'équipe pour des futilités. De toute façon, ils étaient bloqués pour la journée sur cette affaire, c'était sûr et certain ! Autant se résigner d'avance, ils ne sortiraient pas avant vingt heure …

    8 : 13

    Le jeune homme jeta un bref coup d’œil au programme ciné avant de laisser sa collègue le prendre. Pas très original. Les mêmes films depuis toutes la semaine. La vie en province n'était donc vraiment pas variée. Kick-Ass ou The Joneses. Ça faisait un bail qu'il n'était pas allé voir un film. Il devrait peut être se laisser tenter par l'un des deux. Le premier avait l'air pas mal, mais peut être un peu trop bling-bling pour lui. The Joneses, ça sonnait bien ! Avec Demi Moore ? C'était parfait. Il trouvait que c'était une très belle femme, et il lui était même arrivé de la désirer dans certains rêves tendancieux propre à la fougue de la jeunesse … Hayden laissa vaguement vagabonder son esprit sous la jupe de l'actrice et au-dessus du décolleté de son chemisier, un début d'érection stimulant le tissu de son pantalon et son imagination. Puis il se ressaisit. Hayleen était là et attendait. Le teint rougi sur le coup, il se racla la gorge et se plongea dans les tickets de caisse du cinéma, oubliant Demi Moore et tout le reste.

    8 : 16

    Hayleen lui fit part de ses découvertes. C'était pas con du tout. Demi pouvait aller se rhabiller ! L'adjoint du chef de la police releva la tête, un sourire dans le coin des lèvres. Alyson Randall devait donc avoir été tuée soit pendant l'une des deux séances, le bruit du film aurait pu couvrir les cris de la fille, soit bien après la fermeture du cinéma. Le corps était encore assez bien conservé, malgré la mauvaise météo, il semblait donc que la fille à papa se soit fait agressée le plus tard possible, donc après les séances de cinéma. Comment expliquer sa présence dans le coin ? Elle était allée voir un film forcément ! Par chance, Hayden avait de quoi certifier ce qu'il allait avancer. Compter les tickets de caisse n'avait pas été très long, il y avait peu eu de clients ce soir-là. Trente-six pour la première séance, douze pour la suivante. Comme d'habitude dans une petite ville. Les gens affluent le jour des sorties, puis le bâtiment sombre dans l'oubli jusqu'au prochain mercredi. Autre bénédiction, Randall avait payé par carte bancaire, son nom s'affichait donc sur le ticket. Il le tendit triomphant à sa collègue.

    – Alyson Randall était elle aussi au cinéma ce soir-là. Pour la deuxième séance. Vu l'heure, elle ne s'y ait certainement pas rendu toute seule. Des amies, un p'tit copain ? En tout cas ça prouve qu'elle s'est fait attaquée après. Le taré a du la choper à la sortie ou pas loin. T'en penses quoi ?

    Restait encore à trouver avec qui elle se trouvait, en espérant qu'on voit avec qui elle était partie aussi sur les caméras de surveillance. En attendant les images de vidéos surveillance, qu'il réclama une nouvelle fois à son équipe par un coup de fil assez sec, Hayden but d'une traite son gobelet de café. Ils pouvaient toujours convoquer les personnes dont les noms apparaissaient sur les tickets de caisse de Kick-Ass. Ils formaient un bon duo tous les deux.
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